Pas une posture, pas de l'idéologie, rien d'anti-américain : une question de gestion des risques. De quels prestataires votre activité en ligne dépend-elle, sous quel droit sont-ils placés, et que se passe-t-il le jour où l'un d'eux change les règles ? Voici le cadrage, par les faits.
Un simple nom de domaine active une chaîne de prestataires, souvent invisibles, chacun soumis au droit d'un pays. C'est cette chaîne que l'observatoire rend lisible.
Qui traduit votre nom de domaine en adresse — première dépendance, souvent négligée.
Qui stocke et sert votre site et vos applications, et sous quelle juridiction.
Qui transporte vos emails — donc qui, légalement, peut y avoir accès.
Les briques tierces embarquées (analytics, paiement, formulaires…) qui font fuir de la donnée.
Un serveur peut être physiquement en Europe tout en relevant d'un droit étranger, parce que son opérateur y est soumis. Nous distinguons toujours la localisation physique de la juridiction applicable — c'est là que se joue le risque réel, et c'est ce que la plupart des analyses ratent.
Un prestataire soumis au droit américain peut être contraint de livrer des données, même stockées en Europe. Ce n'est pas une hypothèse : c'est le texte de loi.
Une injonction publique a déjà contraint un éditeur à suspendre l'accès à ses outils pour tous ses clients, du jour au lendemain.
Hausses de licences unilatérales, jusqu'à +33 %, sans prise contractuelle du client. La dépendance, c'est aussi la perte de pouvoir de négociation.
Formats fermés, données captives : plus la dépendance dure, plus en sortir coûte cher. La réversibilité se prépare tôt, ou ne se prépare pas.
Entre le renforcement du RGPD, les débats sur le cloud de confiance, les tensions géopolitiques et les incidents récents de coupure et de hausse tarifaire, la question n'est plus « faut-il s'en soucier ? » mais « où en suis-je, et par quoi je commence ? ». L'objectif n'est pas de tout relocaliser du jour au lendemain — c'est de savoir où l'on est exposé et de décider en connaissance de cause, brique par brique.
Les chiffres le confirment déjà : … % des entreprises analysées par notre observatoire confient leur messagerie à un opérateur sous droit extra-européen, et … % des domaines ne sont pas protégés par DNSSEC.